jeudi 13 avril 2017

Capillotractage...

Le don d'une fourrure n'est pas une œuvre caritative bien que par certains côtés, elle peut avoir des implications sociétales comme seule l'Histoire sait en produire... en défrichements de colonies par des trappeurs à moustaches et usant de pièges à mâchoires pour choper de la zibeline... en mode Inuit et des peaux de phoque pour lutter contre les effets du réchauffement climatique sur un bout de banquise qui continue de flotter de temps à autre... en matériau de luxe pour styliste inspiré et manufacturant colliers pour chiennes bien dressées et défoncées à longueur de journée à force de sniffer du galuchat (ça sent le poisson non !? Oui mais du chondrichtyen alors  !)...  Les crins, les duvets, les jarres et les autres peaux relèvent de la condition animale mais pas que du bout de la queue !!! Chez nous les grands Hommes, avec notre grand H en bandoulière pour tout genre,  comme tout Loup qui se balade dans son Alpha Jet (non sens, mais c'est juste que j'avais envie de l'écrire !!!)... les restes de nos fourrures primitives forment toisons intimes, poils à hérisser et cheveux à défriser... et revisitent alors les œuvres sacrées du créationnisme de notre père qui êtes aux cieux... je te salue Robert pleine de garces... Pourquoi t'es là-haut doit déjà ?... Ah oui ! Excès de luxure et nique au bon Dieu... Merci de m'avoir refilé tes gènes... je vais devoir passer par la case purgatoire maintenant... Pffff...

La symbolique religieuse a donc choisi de formater surtout des interdits dans l'incarnation des cheveux... Dans nos sociétés pourtant bien civilisées, les voir paraitre chez une femme relève invariablement de la féminité,  du charme, de l'érotisme, de la sexualité, de la tentation pour celle qui les porte longs et denses aux volontés perverses de pourfendre la pauvre petite victime mâle, faible et bandante... Rhhhhaaaa Lovely !!! Haro !!! Haro sur cette vile créature qui nous oblige à  bouffer des pommes pour tout régime, à défaut de vouloir nous desserrer la ceinture... Eve c'est quoi cette bosse sous ma feuille de vigne !? Salopes d'exhibitionnistes !!! Heureusement que le bon ordre moral et les croyances en un Bruce tout puissant vous ont tenues sages pendant quelques siècles... Cachez donc ces cheveux que je ne saurais voir... des poils longs à  monter en tresses, en chignons et autres nattes...  à ranger sous des voiles, des mantilles, des chapeaux, des foulards, des postiches... Il faudra attendre l'époque moderne pour laisser (difficilement, j'en conviens !) la gente féminine avoir le droit d'user de ses cheveux comme bon lui semble... les couper en mode garçonne, les teindre en mode platine, les déstructurer en mode punk... Le cheveu devient alors le marqueur d'une humeur sociale chez la femme mais également pour toute l'Humanité... Il quitte la sphère pudibonde des incantations divines pour celle de la revendication et de la libération des mœurs... "Ils ont les cheveux longs, vive les hippies.... Ils ont les cheveux courts, vive les skinnys (red, head, gay, bretons... ou toutes autres espèces exotiques existantes...)

La symbolique prend alors corps dans ce bout de tif, de  la racine à l'apex... des histoires avec un petit h donnent essence à nos vies... Ils forment mémoires et nous relie aux autres par leur forme, leur texture, leur couleur... impeccables ou ébouriffées, longues ou courtes,  en mondovision... les coiffures révèlent sans doute beaucoup de nos âmes, de nos pensées, de nos idées, de nos cultures... ou mieux encore... des personnages dont on veut jouer !... Ce sens résonne particulièrement chez moi dans la mesure où j'ancre depuis longtemps une forme d'ivresse pour la métamorphose à grands coups de perruques... Je forme fétiche pour des artistes du déguisement qui par leurs talents peuvent incarner qui elles veulent... C'est une fascination que chacun peut ressentir quand planté devant le miroir du salon, l'opérateur capillaire vous demande alors "Qu'est ce que l'on fait comme coupe aujourd'hui ? "... Qui n'a jamais osé dire... « On change tout car je veux être un(e) autre »… par cette simple opération de la saine coupe et du pouvoir qu’elle confère… "Sans le savoir, Mme Sheaffer m'appartenait déjà. Son corps, son odeur étaient à moi. J'avais gagné: plus tard, je serai le mari d'une coiffeuse."

Le rôle de la coupe est manifestement encore plus puissant que celui de la mise en forme des crinières. Elle représente la coupure des racines de l’être, de ses mémoires, de ses habitudes, de ses croyances, Plus la coupe est sévère, plus elle prend un sens de soumission, d’abandon voire de punition… que l'on rase la tête des esclaves, que l'on rase la tête des malades, que l'on rase la tête des prisonniers... elle exprime ainsi le pouvoir du tondeur...  Dalila le savez déjà lorsqu'elle a décidé de faire une permanente bien foireuse à Samson... Les bisons sont toujours futés quand ils ramènent aux tipis les scalps de leurs ennemis... Les prêtresses de Déméter portaient cheveux longs pour pouvoir honorer leur dieu et devaient en faire sacrifice si elles quittaient le culte... car avec la tonte, disparait la personne qui portait boucles, pointes fourchues ainsi que son office… A défaut de couper les langues, les purges capillaires obligent ceux qui les supportent à vider les âmes, à nettoyer les corps, à éliminer les intrus, à rendre les armes… Comme celles de la libération où l'exposition des crânes rasés avait pour seul but d’humilier, de mutiler la femme pour ses défauts de collaboration… Une vengeance, une revanche qui passaient par des fils de kératine et leurs appropriations violentes par d’autres en places publiques… En asexuant les victimes puisque c’est par là qu’elles avaient péché, une femme sans ses cheveux n’est donc plus bonne à baiser… Mais qui peut-elle être alors hors de sa déchéance?!

Miaoum a des cheveux… fins, châtains… qu’elle porte courts et largement déstructurés dans une coupe floue et volontairement anarchique… Nul doute pour moi qu’ils sont porteurs de ses messages d’âme en mode révolutionnaire et nique à la norme… « Je suis une fille et je n’ai pas de cheveux longs et soyeux des princesses…. Parce que je ne suis pas une princesse et ouais !!!.... Je ne suis pas Belle, je suis Rebelle et c’est moi qui ai bouffé la Bête! »… Parfois même, sous des coups de pressions émotionnels, ils peuvent changer de couleur et passer au jaune, au bleu, au rouge… Je crois que la teinte n’a pas beaucoup d’importance… par contre la symbolique est claire… ce sont des signes, des avertissements du changement fondamental et parfois brutal de sa ligne de vie… qu’il soit lié à des bonnes ou mauvaises nouvelles d’ailleurs… et qu’elle porte de façon très visible pour les yeux qui la scrutent… Pour ma part, je suis peu sensible à ses variations chromatiques,… je l’aime bien au naturel et je supporte sans trop de difficultés ses teintures de fin de stocks du discounter du coin…

J’ai des cheveux… ils sont brun foncé largement assaisonnés de poivre et de sel surtout sur les tempes…, très épais, d’une raideur chronique qui défie toute loi de la gravité terrestre… rien de particulier à déclarer en  plus car ils m’intéressent peu même si comme tout adolescent je me suis longtemps cherché capillairement parlant avant de vite abandonner un sens quelconque à leur apparence… Pour dire… je passais quatre fois par an chez un coiffeur pour ressortir doté d’une brosse de quartier-maître que je laissais pousser trois mois durant sans autres traitements que celui de la laver tous les jours… A la lumière de cette chronique, je me rends compte que ce sujet est un élément récurrent de nos discussions … surtout dans son influence pour que je change de coupe que je fasse des efforts pour améliorer mon look… mais pas que… Je me laisse faire comme tout gentil poney… pour lui faire plaisir et pour lui plaire… Pour dire… maintenant c’est un rendez-vous toutes les six semaines… sans parler des autres solutions d’éradication pilleuse qu’elle veut prodiguer à mon cuir…Mais ça va pas non !!!?

Nous avons donc des cheveux tous les deux… pas de quoi faire de la pub pour Jean-Louis David mais rien de dramatique non plus… des chevelures quoi !!… Et pourtant j’ai été interpellé pour intervenir sur une opération délicate d’une mise en plis à tignasse ouverte… « Qui moi !? Mais je ne suis pas un spécialiste ! Comment ça !? C’est un cadeau d’anniversaire ?! Mais de quoi tu me parles sans rien me dire et en me tendant cette tondeuse… C’est pour ma barbe !? Non ! Quoi !? Tu veux que je te tonde les cheveux !!! Ah !!!…" J’ai été surpris par cette demande venue d’un coin du lit... Elle m’a laissée muet quelques minutes… Mais comme tout bon Maître certain de sa Maîtritude et de son bon pouvoir… j’ai accepté son cadeau aux conditions que la tonte se ferrait à mon temps et après une discussion de fond sur le sens qu’elle pouvait prendre dans un cadre BDSM… Une réponse que j’ai formée de la façon suivante… "Une coupe de cheveux à la mode des expurgations des temps passés... J'ai accepté ce cadeau d’anniversaire, ton présent... et c'est sans doute THE symbole de cette remise à zéro, puisque ta boule va y passer... aux jours du printemps, les poils de la Chapine vont tomber... pour mieux renaitre... Ma, Mienne, Mon, Mes... de ton futur sans conditionnel... Des articles possessifs que je veux m’approprier en double monogamie pure et exclusive, en destins croisés de destroyers en armure, en pseudonymes d’avatars qui doivent devenir… miaoum est miaoum la Chapine..."

En attendant la suite de son écho... je produis des idées pour organiser la cérémonie du sacrifice... De ma perception du sujet, j'ai tendu quelques perspectives sans nécessairement en donner mon plein sens... mais je dispose d'une raison qui me laisse penser à des tas de symboliques ma Chapine... c'est violent, transgressif, visible...  mais éphémère et réversible...  La tonte  constituerait-elle un acte de libération pour mieux pouvoir se donner ?... Drôle de paradoxe non !?

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